Comportement face à l’infidélité

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Quelle attitude quand l’infidélité est là ?

L’infidélité, une mauvaise réponse à une bonne question. Si le passage à l’acte relève de la seule décision de l’infidèle, en revanche la création d’une ouverture par laquelle un tiers va pouvoir venir s’immiscer dans le couple est bien (sauf infidélité pathologique) le résultat d’une co-responsabilité des deux partenaires. Même si la répartition de cette responsabilité est très déséquilibrée (1%-99%), elle existe toujours car un couple, ce sont deux individus interagissant, pas un individu agissant et un individu subissant.

1. Tout n’est pas toujours bon à dire

Trois idées principales ici:

• L’infidèle est seul à l’origine du passage à l’acte, son sentiment de culpabilité est donc légitime. Vouloir s’en débarrasser à bon compte au nom de la franchise en « confessant » sa faute à l’autre, qui est innocent, pour s’alléger la conscience et passer à autre chose est à la fois ambigüe (l’autre n’est pas une poubelle !) et illusoire.

• Illusoire car alors le partenaire trompé se prend de plein fouet une immense souffrance et la mémoire de cette douleur est indélébile. A compter de cet instant, son regard sera différent, la confiance ne sera plus jamais totale, toujours affleurera le soupçon : « as-tu recommencé ?». La confiance est comme un baquet d’eau rempli goutte à goutte. Lorsqu’il est bien plein, il est solidement posé. La trahison renverse d’un seul coup le baquet qui se vide en une seule fois. Si l’on décide néanmoins de remplir à nouveau le baquet, cela prend du temps (goutte à goutte) et comme il est très peu plein, son équilibre est beaucoup plus instable et là où auparavant on pouvait le frôler, voire même le secouer un peu, sans qu’il tombe, maintenant il se renverse au moindre courant d’air et se vide à nouveau!

• Tout comme on a le réflexe d’appuyer sur une coupure alors même que l’on sait que cela ravive la douleur, le partenaire trompé va exiger de tout savoir, de connaître tous les détails, comme s’il voulait fouailler jusqu’au plus profond de sa blessure. Il ne faut surtout pas répondre à cette demande. En effet, plus le partenaire trompé en saura, plus cela viendra alimenter son imagination et lui faire avoir une représentation totalement exacerbée (et donc douloureuse) de ce qui a eu réellement lieu.

2. Donner un sens à l’épreuve

Pour cela, il faut l’envisager non comme une catastrophe extérieure mais comme une occasion de faire le point sur la relation. Il ne s’agit absolument pas ici de culpabiliser ou de (se) dévaloriser, attitudes stériles. Au contraire, l’idée ici est d’évoluer, de prendre conscience, de progresser.

3. Gérer la douleur

Quelle que soit la gravité de l’évènement, l’intensité de la douleur éprouvée sera disproportionnée car elle se double de la réouverture d’une blessure d’enfance (le plus souvent la peur de l’abandon, mais cela peut aussi être de la dévalorisation, de la disqualification, …). Cette intensité extrême de la douleur est rationnellement infondée : il n’y a aucun danger vital puisque l’on est adulte et que l’on est donc capable de survivre seul, contrairement à un jeune enfant.

Il faut donc commencer par se pencher sur l’enfant blessé en soi, le comprendre, le consoler et le prendre en charge au lieu de se lamenter. Comment ? En se responsabilisant, donc en reprenant le contrôle et en sortant de la position de victime. Il ne s’agit pas de dire « il me rend malheureux(se) » mais « avec quoi suis-je en train de me faire souffrir ? ». Cela ouvre la voie à l’action, donc à la progression.

4. Comprendre quel est le manque derrière l’infidélité

Comprendre les raisons profondes de l’infidélité est la priorité absolue. Ensuite, en faire état (sans accusation) à l’autre. Pour cela, parler de soi et non de l’autre grâce à la communication non-violente (« moi, je … »). Enfin, comprendre que le problème à la base de son infidélité peut être résolu au sein du couple avec l’aide du partenaire.

5. Et maintenant ?

Le couple doit prendre une décision. Les options ne sont pas nombreuses, il y en a trois, pas une de plus :

• Faire comme si rien ne s’était passé. Ceci est le non-choix par excellence. Pourtant, ne pas choisir, c’est encore choisir. En l’espèce, c’est choisir de condamner le couple et de condamner les individus le composant : le couple n’est plus qu’une illusion et les individus le composant restent prisonniers d’une relation moribonde sans pouvoir poursuivre leurs vies.

• Se séparer. Cette décision doit, en raison de son caractère définitif, se mûrir et certainement pas se prendre à chaud, sur le coup. Attention aux pressions de l’entourage ! Les avis, pour dévoués et désintéressés qu’ils soient, sont dictés par le vécus propre des conseilleurs.

• Démarrer une nouvelle relation du couple. En effet, il ne s’agit pas de « recoller les morceaux » mais bien de partir sur de nouvelles bases. Cela se fait en trois étapes :

o Pardonner : attention, le pardon n’est pas excuser l’autre et/ou se culpabiliser soi et/ou tout « oublier ». Non, pardonner, c’est justement accepter en pleine conscience d’admettre ce qui s’est passé. Pour cela, il faut reconnaître sa propre douleur, accepter sa part de responsabilité dans la création des conditions du passage à l’acte (le passage à l’acte lui-même restant toujours du seul fait du partenaire infidèle) et exprimer à l’autre sa douleur afin qu’il en prenne lui aussi conscience.

o Corriger : une fois les besoins ayant conduit à la mauvaise réponse de l’infidélité identifiés, il faut ensemble mettre en place des comportements et des stratégies répondant efficacement à ces besoins.

o Avancer : l’épisode de l’infidélité ayant été admis, conscientisé, exploité au bénéfice d’une amélioration des bases de la relation, il est temps maintenant de clôturer définitivement le dossier. Cela signifie regarder devant et ne plus JAMAIS évoquer le passé. En effet, le couple part sur de nouvelles bases, c’est comme une nouvelle histoire.